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KURUPÍ, ÚLTIMO BICHO PILINGÜE Y VELVET-MAKÁ-URBANIZADO KE HALA Y FALA EN ESTE BLOG SU SECRECIÓN LINGUÍSTIKA, ESE PORO'UNHOL (PORTUGUÉS 10 % ESPAÑOL 70 %; GUARANÍ PIKANTE 20 %) SERÍA EN EL FONDO DEFINIBLE COMO UN SAN CULOTTISMO POÉTIKO, GRITO A CALZÓN KITADO, PENE ERECTISMO FULL TIME, UNA FALANGE ANARKO-PARA-MILITAR DE LA LETRA, UNA ALUCINAZIONE PARANOKIA-KRÍTIKA DEL DAS KAPITAL YANKEE, Y SU MAYO DEL 68 UN TSUNAMI-YIYISMO SIN BOMBACHA PRA XUXU, UN BAILE DE SAN VITO TEVINANDÍ PAGUASU!!!

viernes, septiembre 24, 2010

Rouault


GEORGES                             ROUAULT



L'œuvre de Georges Rouault constitue une des expressions majeures de l'art de notre temps; en elles se résument en effet la continuité de J'art religieux chrétien, en ce qu'il a de plus sacré et de plus humain, et les plus hautes conquêtes de la peinture aboutissant une sorte de classicisme grandiose, émouvant et terrible. Elève de Gustave Moreau, et élève pieusement fidele qui n'a jamais cessé d'affirmer tout ce qu'il doit u son maitre, Rouault représente un coté de celui-ci, qui n’a échappé au l'académisme qu'a, force de talent et d'honnêteté d'esprit, le véritable classicisme, qui incorpore le réel dans une synthèse monumentale, et qui traduit le drame des hommes dans une pâte de limon et, de feu, où les pierres précieuses broyées par son maître s'amalgament aux larmes et au sang .
Quel que soit le sujet de ses tableaux, Rouault demeure par dessus tout un peintre religieux. Et non pas seulement parce qu'il a rendu leur valeur de cri aux scènes de la Bible et de l'Evangile qui s'affadissaient et se banalisaient dans les poncifs, mais plus encore parce que sa conception de la vie et de l'art s'axe, avant tout, sur le phénomène religieux : je veux dire celui qui met l'homme en communion directe avec le mystère et le spirituel. Les clowns de Rouault sont les Saints de cette hagiographie, et ses prostituées les Martyres d'un monde où les despotes et les juges marchent lourdement sur leurs semelles de fer. Son Miserere développe jusqu'aux contrées extrêmes de la souffrance humaine, dans toutes les conditions et en toutes les circonstances, les phases de la Passion. Aucun peintre, peut - être depuis Giotto, ne vous avait fait éprouver aussi intensément a quel point Dieu est homme, et combien de Dieux occultes, captifs et blessés, saignent dans la poitrine de l'homme.
L', âme de Rouault et sa palette ne font qu'un. Ses épais cernes noirs enserrent la forme prisonnière, et, la contraignant, l'obligent à multiplier l'éclat de ses feux. Ce peintre aime, d'ailleurs, les arts du feu, depuis son enfance, où, apprenti du maitre verrier Hirsch, il s'enthousiasmait pour les verrières   de Chartres et pleurait la décadence de cet art antique, qui, dans son renouvellement actuel, lui doit une bonne part de son jeune élan ; où, admirant ses tantes enjolivaient de fleurs et d'oiseaux les porcelaines galbées des années 18BO, il rêvait de céramiques rudes et puissantes. Et, s'il a retrouvé le secret des formes des grands sculpteurs sur bois du Moyen Age, "la fois rustiques et fins, c'est " son père qu'il le doit, ébéniste subtil, chrétien ombrageux et rebelle, qui pleurait sur Lamennais foudroyé.
Le petit Georges Rouault, né en pleine Commune, le 27 mai 1871, au cœur de Paris rebelle et batailleur, a Belleville, hérita les idéaux et les vertus techniques de ce milieu d'artisans libéraux. Ce révolté se plia toutefois aux disciplines de l'École des Beaux-arts, sous la direction nonchalante d'Elie Delaunay, d'abord, puis généreuse,  active et passionnée de Gustave Moreau, qui, à l’École et au concours de Rome, bataillait pour ses élèves les plus originaux, ceux qui devaient plus tard lui faire le plus honneur en s'éloignant le plus loin de lui, ainsi que Nietzsche-Zarathoustra disait á ses disciples:
« Vous ne me rejoindre que lorsque vous m’aurez renié » Matisse, Marquet, Puy, Rouault; et : Moreau, furieux que le jury de Rome n'ait pas agréé l'envoi de celui-ci, lui fait quitter l'École où visiblement il n'a plus rien à apprendre. Et puis, Moreau mort, voici ses élèves balayés du Salon des Artistes Français, ou, obstinément il les soutenait les imposait.


Rouault éprouve tant de chagrin de la mort de son Maitre, qu'il pense un moment " entrer en religion : vocation brève, excitée par l'amitié de J. K. Huysmans et de Léon Bloy, mais il y a diverses manières d'être un saint: celle de Rouault sera d'abord la grande sainteté de l'art, la dévotion a l'absolu de la forme, puis un ardent amour pour cette pauvre et laide humanité, ailes brisées dans son envol, les pitres las et découragés, les tristes putains aux chairs amollies, les rapaces aux mufles de bêtes pas même fauves, et cette évocation d'une histoire sainte toute en flammes sourdes et en volcaniques braises.
Mal dégagé encore, malgré son solide génie, des leçons de Moreau, Rouault expose aux Artistes Français de 1895 à 1901. Puis il partage l'aventure des Indépendants. Pendant les années qui vont de la mort de Gustave Moreau ('1898) á l'élaboration du Salon d'Automne (1902), Rouault découvre Cézanne, et Cézanne sur le motif. C'est à dire que il peint dehors ses paysages intérieurs, ce qui est une manière de les élucider et de 'les approfondir. Puis, te paysage intérieur, amer, inquiet et dramatique, se transforme en cette série de personnages qui demeureront les véritables interprètes de ses passions, de ses révoltes, de ses souffrances. « Ill a créé une série de types de farce populaire, de masques de comédies italiennes, qui sont restés la hase de son travail postérieur». (Venturi). Avec cela toujours face ii face avec lui- même, dialoguant avec Georges Rouault, écrivant ce qu'il croit ne pas pouvoir peindre, et peignant sans cesse son épopée de miel el de fiel.
Qui le comprendrait ? Léon Bloy, lui-même, s'étonne, s'effare, se détourne: cet insurgé est, en art, un timide et un formaliste.
Rouault est seul. On lui reproche tout ce qu'on peut trouver de scandaleux dans ses tableaux: ses noirs, la déchirante tristesse de ses bordels et de ses cirques, la férocité de ses magistrats éclaboussés de sang, son mépris de la « beauté féminine» (Vive Cabanel !), sa pitié pour l'humanité douloureuse. Au Salon d'Automne de 1904 huit peintures et trente-deux aquarelles fournissent ample aliment au rire et a l'indignation, si bien que les critiques amis et admiratifs, eux-memes, n'osent plus faire tète. Chaque Salon est une nouvelle bataille, un nouveau brulot : en 1906, les nus « ignobles» : en 1908, les juges « diffamés» ... Enfin, délaissant la promiscuité des Salons, les deux premières grandes expositions personnelles chez Druet, février 1910, décembre 1911.
Le Fauvisme est né : Rouault ne se trouve plus tous à faits seul, mais combien a l'écart des« écoles », cependant, et des« mouvements)). Au cœur des tendances nouvelles qui dédaignent le sujet, il réaffirme, a partir de 1913, la suprématie du grand art religieux représentatif, qu'il conduira jusqu'aujourd'hui en des variations d'une richesse sans cesse approfondie et accrue ; avec la grande exposition de 1947, c'est le retour triomphal du peintre que l'on avait pu croire dévié ver s l'illustration sous l'influence de Vollard, mais dans ses gravures, encore, dans ses eaux-fortes en couleurs, dans l'extraordinaire et génial cousinage du récent Miserere, quelle inapaisable faim d'élargir son art, son style, son métier!
Enfin, sur place, et avec les mêmes éléments picturaux, la transfiguration, le ruissellement du divin dans ce torrent de feu et de scories, l'illumination, la révélation d'un monde angélique a la manière de celui qu'entrevoyait Swedenborg, sous la défroque de la chair humaine, roussie, trouée des mille yeux de paon de l'âme.      

                        Michel Brion
 













 
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